"Façons de Peindre"

HANNAH COLLINS - BARBARA ESS - CANDIDA HÖFER - AXEL HÜTTE - KAREN KNORR - PIERRE MERCIER
 
1er Avril - 29 Avril 2000
 

HANNAH COLLINS est née à Londres en 1956. Emigrée de Londres à Barcelone, elle a fait l'expérience des effets d'un bouleversement culturel et social. En écho, son travail explore de façon rigoureuse la relation entre son histoire personnelle et des données culturelles. Où qu'elle se trouve, elle cherche à recréer un sens du lieu lié à l'environnement, à l'échelle du temps et au corps humain.
La galerie Laage-Salomon lui a consacré une exposition en 1996 puis le Centre National de la Photographie à Paris en 1997.

BARBARA ESS est une photographe américaine née à Brooklyn en 1948. Elle vit et travaille à New York.
Sa démarche en tant que photographe consiste à essayer non seulement à saisir comment elle voit, mais aussi comment elle sent le monde. "Je n'essaie pas de photographier une réalité objective car je ne pense pas qu'une quelconque réalité objective existe". Au cœur de son œuvre réside l'effort de rendre l'étrangeté parfois terrible de l'être humain. Afin de le montrer, elle utilise le plus primitif des outils photographiques: le sténoscope.
Elle expose régulièrement à New York à la galerie Curt Markus.

CANDIDA HÖFER a été formée à l'école de Bernd et Hilla Becher et a retenu de ses maîtres le goût des lieux publics (zoos, bibliothèques, musées...) et des architectures collectives, ainsi que l'objectivité du regard et la rigueur du propos.
Mais contrairement à ses professeurs de l'Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, le travail de cette photographe allemande d'une cinquantaine d'années ne prend guère l'allure d'un inventaire du patrimoine monumental. Munie d'un matériel discret et aisément maniable, Candida Höfer promène son regard sur tous les fleurons de l'architecture européenne ou américaine. Elle retient des espaces qu'elle pénètre des dispositions singulières, des éléments mobiliers et architecturaux, repérant tantôt les sérialités, tantôt les espacements. Il n'y a par ailleurs jamais de présence humaine dans ses photographies, mais le monde animalier est présent comme dans un musée.
Son travail a été présenté à la galerie Laage-Salomon en 1998 et au Centre Photographique
d'Ile-de-France à Pontault-Combault en 1997.

AXEL HÜTTE a été l'élève de Bernd et Hilla Becher à l'Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf de 1973 à 1980. Il se situe comme l'un des artistes les plus remarquables de la nouvelle école allemande issue de leur enseignement. Il développe une nouvelle esthétique de la photographie en concentrant son regard sur la nature et la structure du sujet étudié. De la tradition de la peinture, il intègre l'héritage pictural de Caspar David Friedrich et nous fait découvrir des vues de montagnes inattendues en évitant toute représentation humaine.
Dans cette exposition ce sont des vues d'Islande qui sont montrées, photographiées lors de plusieurs séjours dans ce pays en 1997 et 1998.
La Galerie Laage-Salomon a fait une exposition de ses oeuvres récentes en 1999 et le Musée d'Annecy en 1998.

KAREN KNORR est née en 1954 en Allemagne, a été élevée à Puerto-Rico et désormais vit et travaille à Londres. Elle compose des fictions photographiques, souvent accompagnées de textes, qui sélectionnent et combinent les codes et les rites de la "haute société" anglaise. Les photographies que nous exposons font partie de la série "Capital". Cette série explore les attitudes du monde de la haute finance et des sphères influentes de la City à Londres. Les institutions de cette dernière sont liées historiquement aux évolutions du capital moderne. L'histoire de la City et ses liens avec le présent sont ici mis en évidence. L'ancien et le nouveau se confrontent. Des anciens hôtels de villes où l'on organise des conférences et des réceptions pour les banquiers, les politiciens ou les conseillers municipaux aux artéfacts, emblèmes et autres insignes, les symboles du pouvoir sont photographiés par Karen Knorr dans les banques et les siège des sociétés financières. Les objets ainsi photographiés deviennent allégoriques, représentant métaphoriquement les évènements et les personnages de la City.
Karen Knorr expose régulièrement à la Galerie Interim Art de Londres. L'Ecole des Beaux-Arts de Valenciennes lui a consacrée une exposition en 1996. Il y a quelques années elle a bénéficié d'une commande de photographies de sculptures par le Musée d'Orsay.

PIERRE MERCIER vit et travaille à Strasbourg. Dès ses premières photographies, il introduit dans son travail la problématique de la statuaire (portrait de travailleurs dans la rue en 1978-80 ou bien de mineurs en 1981). Les images que nous montrons ici sont tirées de la série "les images ressenties". Il s'agit de morceaux de viande crue malaxée posés sur un socle comme de véritables offrandes. Cette série répond à une réflexion essentielle et progressive sur la sculpture où Pierre Mercier met en évidence l'importance de la perception du spectateur et la double logique reproduction/transformation mais aussi construction/reconstruction.

 
© Gabrielle Salomon - Art Conseil, Paris

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